OMBRES ET SENTIMENTS [METZ]
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 Copinage Part III: Unis ou ennemis

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Mardraum
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Mardraum


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MessageSujet: Copinage Part III: Unis ou ennemis   Copinage Part III: Unis ou ennemis EmptyLun 28 Aoû 2006 - 17:53

Voici le début de l'histoire qu'a écrit un ami à moi :



Le caprice des jeunes

Clyde s’avançait parmi la foule comme s’il était encore totalement normal. Son plus grand pouvoir, c’était celui-ci. Paraître comme tout le monde, même aux sens de ceux qui sont de la même nature que lui. Cette capacité lui permettait en tout temps de marcher dans la rue, sur la plage, en boite de nuit, en compagnie des humains et en toute quiétude. Sous réserve que personne n’ait put l’observer accomplir des actes étranges et sortants de l’ordinaire, comme se nourrir.

Le crépuscule s’achevait et pour le moment, il suivait une odeur qui lui semblait familière, un mélange de l’odeur de son enfance et de terre fraîchement retournée. S’il se concentrait dessus, il pouvait ressentir de la nostalgie. Ça lui rappelait quand il faisait parti de l’équipe de football de son lycée et que la pelouse venait d’être tondue. Cette odeur lui plaisait et il devait mettre la main dessus. Plus il s’en rapprochait, et plus ces sentiments s’intensifiaient. L’odeur s’échappait d’un magasin de vêtements pour hommes somme toute banal, mais plus précisément de quelque chose à l’intérieur. Clyde s’arrêta devant la vitrine et essaya de distinguer de quoi, mais c’était peine perdue avec du double vitrage devant le nez. Son choix était déjà fait alors qu’il poussait la porte du magasin.

La sonnette retentie dans la boutique ce qui fit lever les yeux du seul homme présent derrière le comptoir. Il afficha son plus beau sourire vendeur et s’adressa à Clyde :
« Je peux vous aidez ?
- Pas tout de suite, je vais d’abord jeter un coup d’œil.
- Je vous en prie, faites donc. »
Le sourire de l’homme resta tandis qu’il reposait ses yeux sur le magazine qui était devant lui. Il portait une petite moustache typiquement française et sa stature laissait deviner qu’après sa journée au magasin, il ne faisait pas de sport. Il semblait être un parfait petit bourgeois, mais Clyde ne s’en occupait pas, il s’était déjà sustenté pour un bon moment. Son odorat le guida machinalement vers un blouson de cuir comme ceux qu’en portent les joueurs américains. Il était rouge foncé et les manches étaient beiges. Clyde en avait eut un pendant sa jeunesse et l’écusson qu’il affichait ressemblait en quelques points à celui-ci.

L’idée de se refuser ce plaisir n’eut pas le temps de faire son chemin dans son esprit mais fit place à de l’envie et de la culpabilité comme celle de quelqu’un sur le point de faire un acte un peu fou. En effet, le prix du blouson correspondait aux derniers billets qu’il avait dans son portefeuille. Le vendeur apparut derrière lui sans même éveiller les sens de Clyde, lui révélant le puissant dilemme qui l’assaillait :
« Essayez-le, il semble être fait pour vous »
Il saisit le blouson et accompli son devoir : il aida son client à le mettre
« J’ai cru un instant que vous aviez trop d’épaule, mais je me suis trompé, il vous va parfaitement. Vous êtes footballeur ? En tout cas vous en avez l’air ».
Il avait raison, Clyde était plutôt baraqué et dépassait souvent les gens d’un ou deux centimètres, un héritage probable de son enfance à courir dans l’herbe et se bagarrer avec ses amis. Et ce manteau lui allait diablement bien.

« Oui, il est fait pour moi. Je ne devrais pas, mais…je le prends.
- Parfait, vous ne le regretterez pas. Si vous voulez bien me suivre. Pardon, mais j’ai besoin du manteau pour lui enlever l’antivol !
- Oh, oui, bien sur ».
Clyde sursauta et sortit de sa rêverie. Il enleva le blouson pour le donner à ce petit vendeur, puis sortit ses derniers billets :
« Ah, je suis désolé monsieur, mais je ne peux pas prendre une telle somme en liquide. Avez-vous une carte bleue ? ».
L’homme sembla amusé de la surprise de Clyde qui se ressaisit rapidement de la question. Il mit la main sur le blouson et laissa entrevoir ses yeux devenir rouge au vendeur arrogant qui recula et prit les billets. La voix un peu tremblante, il essayait de reprendre son contrôle mais seul un coin de sa bouche arrivait à sourire :
« Vous…vous feriez mieux de le laisser…ce blouson ici, qui ou…quoi que vous soyez ou…ou j’appelle la police.
- Je te conseille de garder tout ça pour toi si tu ne tiens pas à vendre tes articles six pieds sous terre ».
Clyde posa sa main gauche sur le comptoir et laissa ses griffes pousser de quelques centimètres puis décocha un violent coup de poing au vendeur terrifié. Celui-ci fut éjecté contre les cabines d’essayage qui ne résistèrent pas à l’impact et s’écroulèrent sous le choc. L’homme n’était pas mort et son sourire devenait fantomatique tandis qu’il sombrait dans l’inconscience. Un simple coup d’œil suffit à Clyde pour constater que les caméras étaient fausses avant qu’il ne sorte, le blouson sur le dos. Il allait effectivement bien avec le jeans délavé et le T-shirt gris qu’il portait. Et Clyde était fier de son apparence, maintenant il ressemblait moins à un vagabond aussi noble soit-il.


Plus jamais seul

Clyde continuait son chemin dans la foule, sa joie avait été de courte durée. Désormais, il était concentré sur ceux qui le suivaient. Cinq minutes à peine après l’incident du magasin qu’il était suivit. Son odorat lui révéla la nature de l’ombre furtive sautant de toit en toit aussi aisément qu’un chat. Clyde s’engouffra dans une rue déserte et en un puissant saut qui fit vibrer le sol, se retrouva sur le toit, face à face avec son poursuivant, surpris. Il n’était pas très grand et ses cheveux longs et gris étaient malmenés par le vent. Il avait aussi les yeux rougeoyant mais Clyde ne lui laissa pas le temps de faire quoi que ce soit d’autre et se jeta sur lui. Il le plaqua contra la porte du toit, une main aux griffes sorties enserrant sa gorge. Il parla d’une voix rauque et sombre :
« Vampire. Pourquoi me suis-tu ? Parle mais fait vite, ta fin est proche ».
Le Vampire éclata d’un rire cristallin et avança un peu son visage dans la lumière. C’était un homme à l’apparence assez jeune. Une cicatrice barrait son œil gauche ce qui rajoutait un charme sauvage.
« Je n’en attendais pas moins de la part d’un Loup-garou. Beau blouson, il a l’air neuf ».
Clyde resserra sa prise et laissa pénétrer ses griffes dans le coup du Vampire.
« Parle, ou je te brise le coup. Ce ne me serra pas difficile.
- Du calme, du calme. Je ne suis pas ton ennemi.
- Comment sais-tu ce que je suis ? Ce n’est pas possible.
- Tu m’as l’air âgé mais encore inexpérimenté. Tu ne pourras pas me tuer. Sois-en assuré. Viens avec moi, allons discuter calmement, tes griffes me grattent ».
Le Vampire semblait insouciant, mais Clyde savait lui aussi que s’il voudrait tuer son adversaire, il aurait certainement du mal. Il rapprocha son visage de celui du Vampire et inspira profondément puis sembla réfléchir.
« Je connais désormais ton odeur. Parle de moi et je te retrouverais où que tu sois. Et mes frères seront avec moi cette fois ci…Sois-en assuré ! »
Il lâcha le Vampire et sauta du toit pour rejoindre la rue puis se fondit dans la foule. Le Vampire le perdit assez rapidement et eut l’air un peu déçu de cet entretien tout de même assez violent.

Clyde n’en avait pas fini. Que ce Vampire reconnaisse sa nature pouvait s’expliquer par le fait qu’il l’ait senti, bien que peu probable ou qu’il l’ait vu dans le magasin depuis le toit. Car seul une vue en contre-plongée pouvait permettre de passer le barrage visuel des mannequins de la devanture. L’ennui, c’est qu’il ne l’avait pas senti et que comme son odorat ne le trompait jamais, c’est que le Vampire n’était pas dans le coin au moment des faits. Clyde oublia le Vampire un instant pour se concentrer sur l’odeur des deux hommes qui le suivaient dans la foule. Et aussi étrange que cela puisse paraître, leur odeur était chaude. Plus Clyde se focalisait dessus, plus son nez le chauffait jusqu’à le blesser. Etait-ce un quelconque pouvoir mystique ? Clyde n’avait jamais vu un humain avec des pouvoirs égalant les siens ou ceux des Vampires. Il décida d’entraîner les hommes dans un lieu désert et peu fréquenté pour en avoir le cœur net.


Les premiers

Clyde connaissait la ville et pour lui, le seul lieu propice à un affrontement s’il devait y en avoir était le vieux stade. Seul quelques enfants y jouent encore pendant la journée et la nuit, c’est le repaire des chiens et des chats errants. Ils y seraient tranquilles. Alors qu’ils arrivaient aux abords du stade, Clyde devenait de plus en plus méfiant car ses poursuivants étaient toujours derrière lui. Il devait pourtant s’être rendu compte de l’endroit où il les menait. Il ne sentait même pas la peur ou le doute chez eux, ce qui le fit frémir. Sa confiance en lui commençait à vaciller. Il n’avait encore jamais été découvert et jusqu’à maintenant, tout ceux qui ne serait-ce que se doutaient de sa nature, avait peur. Il s’arrêta au milieu du stade et fit volte face, les griffes sorties, les genoux fléchis, prêt à bondir. S’il sentait le moindre danger, il n’hésiterait pas à prendre une forme lui accordant plus de puissance et de rapidité.

Les hommes qui le suivaient arrivèrent au bout du stade. De sa position, Clyde pouvait les discerner distinctement. L’un deux était assez grand par rapport à l’autre. Mais tous deux ne semblaient pas être des hommes de terrain. Ils étaient maigres et n’auraient même pas de quoi constituer un de ses repas au complet. Ils portaient des habits classiques de bon pères de famille et arboraient même une petite croix plaquée or autour du coup. Leur religion leur est peut-être montée à la tête au point qu’ils se croient capables de combattre un Loup-garou. A moins que ce ne soit des fétichistes venus lui demander de les transformer eux aussi. Clyde se ressaisit. Ces hommes ne pouvaient pas savoir ce qu’il était. Personne ne le pouvait, c’était sa capacité spéciale à lui. Alors qu’est ce qu’il se passait finalement?

Les deux personnes se regardèrent un instant semblant hésiter, puis se dirigèrent droit vers Clyde qui était aux aguets. Les animaux sauvages s’étaient tus et restaient à l’écart. Ce fut finalement le plus grand qui prit la parole alors qu’ils n’étaient plus qu’à six mètres environs de la bête féroce :
« Loup-garou, tu dois expier tes fautes et payer tout le mal que tu as fait aux humains. Sauve ton âme et révèle nous les noms de tes frères que nous puissions les sauver eux aussi.
- Quoi ? Clyde eut l’air surpris. Comment savez vous ce que je suis, vous n’êtes que des humains.
- Renonce à te battre et tu partiras sans souffrance pour ta rédemption. Je t’en conjure.
- C’est à vous de répondre si vous ne voulez pas finir éparpillés ».

Clyde ne reçut comme seule réplique qu’une série de paroles psalmodiées régulièrement. Etant sans les réponses demandées, il se jeta sur les deux hommes avec toute la violence commune à sa race et commença à s’enfoncer dans une sorte de champ de force qui le repoussa encore plus violemment en même temps qu’un rayon lumineux le frappait de plein fouet. Clyde fut projeté à plus de vingt mètres et lorsqu’il toucha le sol, se mit à tournoyer sous l’effet de la puissance. Il s’arrêta net en plantant ses griffes dans le sol. Le coup lui avait brûlé le torse mais la douleur s’estompait déjà :
« Je n’ai plus le choix »
Il frappa le sol de ses poings tandis que ses crocs poussaient. Son corps était déjà totalement couvert de poils quand il sentit l’odeur du sang. Du sang de Vampire se déplaçant à une vitesse incroyable. Clyde chercha des yeux et aperçut que le sang provenait de deux flèches rouges filant droit vers les deux hommes. Les projectiles traversèrent le bouclier lumineux sans le faire frémir et finirent leur course dans le cou des Fervents qui s’écroulèrent dans un bruit de gargouillis infâme. Le bouclier disparut mais fut remplacé par un bruit imperceptible à l’oreille humaine, une sorte de bip. Un émetteur s’était activé avec leur mort.
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MessageSujet: Re: Copinage Part III: Unis ou ennemis   Copinage Part III: Unis ou ennemis EmptyLun 28 Aoû 2006 - 17:54

Révélations

Le Vampire qu’il avait croisé sur le toit apparut et regarda d’un air satisfait les cadavres. Clyde resta mi-homme mi-bête, ne sachant plus s’il devait achever sa mutation pour affronter le Vampire ou reprendre forme humaine. Il opta pour la deuxième solution mais s’attendait désormais à tout. Le Vampire s’adressa à lui :
« Je suis arrivé à temps. Tu peux partir si tu préfères, ou venir avec moi. Tu ne crains rien, sois en assuré. Il arborait un sourire railleur en prononçant cette dernière affirmation.
- Bien, je crois que je vais te suivre. Je ne sais plus quoi penser de toute façon.
- Ça va passer. On va au “Velours noir”, c’est un bar dans le centre de la ville.
- Ouais, je connais. Un repaire de Vampire !
- Plus maintenant. C’était avant. Aujourd’hui, c’est un bar officiel qui accueille aussi quelques humains. Mais je t’avouerai que les membres de ton espèce s’y font encore plus rares en effet. Faut dire aussi qu’on ne les y invite pas souvent. Enfin, on se comprend n’est-ce pas ?
- Ouais. C’est comme ça.

Furtivement, ils parcoururent les rues de la ville, évitant sans que Clyde ne sache pourquoi de croiser quelqu’un. Ils arrivèrent devant le bar en question. Les vitres étaient légèrement fumées mais couplées à l’ambiance très tamisée de l’intérieur, il était difficile d’y distinguer quoi que ce soit même pour Clyde. Le contour des fenêtres était en vieux bois et une vieille odeur de grenier s’en dégageait toujours.
« Le ‘velours noir’ hein ? Je m’attendais à un look plus…sanglant.
- Hey, c’est pas nous les barbares !
Le Vampire mima un air outré ce qui amusa Clyde et le mit un peu plus à l’aise. Il le suivit donc à l’intérieur. Ses yeux s’habituèrent rapidement à la pénombre et il put distinguer tous les détails possibles. Le bar était rempli de meubles anciens dont l’odeur rendait Clyde nostalgique. Le bois était très foncé et chaque pouce de tissu était en velours noir, parfois coupé de velours rouge sang. L’endroit était éclairé par des bougies fixées aux murs de roche nue, sur de magnifiques supports représentant parfois des créatures fantastiques. Mais les bougies étaient aidées par endroit par de discrètes lumières électriques. Le tout formait une ambiance intime propice aux secrets et aux créatures tapies dans l’ombre. Le Vampire les dirigea vars une alcôve qui contenait une petite table ronde entourée d’une banquette semi circulaire totalement rouge. Ils s’y assirent l’un en face de l’autre.

Clyde pouvait enfin se reposer de tout ce stress. Le Vampire enleva sa longue veste fine et la posa à côté de lui. Clyde l’imita mais garda une main jalouse sur son nouveau blouson.
« Merci de m’avoir aidé. Je réalise maintenant que je ne sais pas ce que j’aurais pu faire face à eux. Je m’appelle Clyde, mais je suis aussi connu sous le surnom de “l’humain”.
- J’ai déjà entendu parlé de toi. Mais c’était il y a longtemps. Ici, on m’appelle Gemini. Mon vrai nom s’est perdu je ne saurais plus dire quand. Qu’est-ce que tu bois, c’est moi qui t’invite. Il fit signe au barman de venir.
- Merci. Ça tombe bien, j’ai laissé mes derniers billets au vendeur à qui j’ai acheté ma veste.
- Laisse-moi deviner, un sentiment de nostalgie, une odeur de terre et d’herbe fraîche ?
Clyde allait se lever mais le serveur arriva.
- Qu’est-ce que je vous sers ? Clyde ? Enfin, si vous me permettez de vous appelez par votre prénom. Gemini, comme d’habitude ?
- Un whisky, double et pur. Je crois que j’ai besoin d’un remontant. Mon identité n’est plus secrète pour personne maintenant.
Clyde semblait abattu tandis que Gemini acquiesçait et que le barman s’éloignait. Il mit la tête entre ses mains et cherchait dans ses souvenirs s’il avait fait quelque chose qui aurait pu mettre fin à sa capacité. Gemini lui mit une main sur l’épaule :
- Ressaisis toi vieux. Je n’ai pas dit tout ce que j’avais à dire. Ton secret est bien gardé. Commençons par les questions de politesse. T’as un beau blouson, mais je trouve qu’il jure un peu avec le reste. Il est trop neuf c’est évident. Tu l’as pas depuis longtemps non ?
- Ce blouson ? Non, il est neuf. Je viens de me l’acheter. Je me suis fait plaisir, c’est tellement rare. Le vendeur ne voulait pas me le vendre mais je lui ai rabattu son caquet d’un revers. Son refus, il pouvait se le mettre bien profond !
Clyde serra le poing en se rappelant le sourire narquois du vendeur. Gemini croisa les bras et prit un air paternel.
- Mouais. Ça doit faire longtemps que t’a pas remis les pieds en ville, je me trompe ?
- Non, ça fait un bail c’est vrai. Quelle différence ?
- C’est ton blouson la différence.
Clyde haussa le ton exaspéré qu’on veuille la seule chose qui lui fasse plaisir.
- Qu’est ce que tu veux à mon blouson à la fin ? Tu veux que je rembourse les dégâts de la boutique ? Tu n’aimes pas la façon dont je l’ai pris ? Je m’en fous de ce que tu penses.
Le barman toussota et Clyde récupéra son calme et son whisky. Gemini buvait du rhum, apparemment pur aussi et les deux breuvages avaient la même couleur. Gemini ne se laissa pas impressionner et continua comme si Clyde n’avait pas bronché.
- C’est ton foutu blouson d’amour qui dit que t’es un Loup-garou crétin. Ceux qui l’ont fabriqué savent très bien qu’il attire les Loup-garou comme un aimant. C’est pour ça qu’il est conçu. Après ils ont plus qu’à suivre celui qui l’a acheté et l’arbore fièrement pour lui régler son compte. Pas besoin de détecteur de Loup-garou. Qui c’est qui l’a profond hein ?!

Clyde ne put contenir son affliction. Il se leva en serrant les deux poings et cria de rage. Les autres personnes présentes tournèrent les yeux puis firent mine qu’il ne s’était rien passé. Clyde se rassit et se tapa la paume sur le front :
- Pas mon blouson. Ma première nuit en ville depuis des dizaines d’années commence vraiment mal, la poisse. Ça ne me ressemble pas d’être aussi bête.
Le Vampire pouffa ce qui fit remettre les pieds sur terre à Clyde.
- Ça fait un bout de temps que tout le monde se passe le mot pourtant, même de Vampires à Loup-garous. Je croyais que vous vous promeniez en meute. Le message n’est pas passé partout on dirait.
- C’est ma faute, je suis parti seul….pas mon blouson. Clyde était accablé.
Gemini finit son verre d’une traite et se leva.
- Bon, je commence à avoir les crocs. T’inquiète, on les aura. Tu peux rester ici quelques temps si tu veux. Adresse toi à Evan, le barman.
Il mit une main sur l’épaule de Clyde puis disparut laissant seulement l’impression que la porte s’ouvrit toute seule. Puis comme s’il semblait avoir entendu prononcer son nom, le barman apparut.
- Je m’occupe de votre veste ? Vous en faite pas, on a l’habitude ici On vous en trouvera une autre. Besoin d’autre chose ?
- J’ai juste besoin de repos pour me remettre les idées en place. Gemini vient souvent ici ?
- Assez oui. Je vous préviens s’il réapparaît. Suivez-moi.


Nuit intéressante

Gemini sortit du ‘Velours noir’ précipitamment. Il avait faim ou soif comme beaucoup disait, et il n’aimait pas attendre, encore moins enfermé, même au ‘velours noir’. Il commençait à apprécier ce Loup-garou en dépit de cette sorte de guerre qui oppose leurs races. Il n’avait jamais vu une personne avoir tellement de poisse et ce alors que la nuit venait à peine de tomber. S’il en avait le temps, il chercherait à repérer un de ces Fervents pour en apprendre plus. Gemini s’attendait surtout à un coup de chance car même si ces hommes sont spéciaux, ils restent totalement humains et les sens conventionnels ne sont d’aucune utilité pour les repérer. Il se posa au coin d’un toit donnant vu sur un carrefour très fréquenté de la ville. Il pourrait peut-être apercevoir son repas d’ici, car il voulait d’abord se nourrir afin de ne pas combattre le ventre ou plutôt les veines à moitié vides. Un Vampire passa sur l’immeuble d’en face et s’arrêta sur le coin. Il aperçut Gemini instantanément et, constatant que la place était déjà prise, le salua et continua sa course à travers la ville. Gemini lui rendit son salut puis prit la position d’une gargouille, laissant pendre ses bras et ouvrit un large sourire révélant ses canines déjà sorties. Ses yeux d’un noir profond parcourait la foule avec précision puis s’arrêtèrent sur un homme qui sortait d’une épicerie un paquet à la main. Il sifflotait et jouait machinalement avec ses clés de la main droite. Il était certes plus grand et plus imposant que Gemini mais ne faisait quand même pas le poids face à sa force surnaturelle.

L’homme arriva jusqu’à sa voiture et mit son sac sur la banquette arrière puis stoppa net lorsqu’il sentit un courant d’air violent derrière lui. Il se retourna tout lentement comme s’il savait que quelque chose clochait dans ce vent soudain et se pétrifia lorsqu’il vit Gemini adossé à un mur juste en face de lui. Il n’eut pas le temps de se retourner et d’entrer dans sa voiture pour fuir qu’il était plaqué contre celle-ci. Les canines du Vampire perforèrent sans mal la fine couche de peau du cou de l’homme et son sang gicla au fond de la gorge de Gemini. La première gorgée était chaude et la deuxième l’était anormalement. Le sang que Gemini aspirait commençait à le brûler de l’intérieur. Sous la douleur, il lâcha prise et s’écroula en arrière suffoquant. L’homme se remit rapidement de la morsure, monta dans son auto et démarra en trombe pour fuir son assaillant. Gemini était prit de spasme, il tentait en vain de résister à la brûlure. Un autre Vampire passait et vit Gemini. Alarmé, il s’arrêta et s’agenouilla près du corps étouffant. Il s’agissait de César, un des rares Vampires qui avait préféré garder son nom d’humain. Car en effet, beaucoup de Vampires choisissent de changer leur nom après leur mutation :
« Qu’est-ce qui t’arrives ? Qui t’a fait ça ?
- La voiture grise…suit là. Mais César…fais attention ».
Cette dernière remarque fit frissonner César qui était maintenant au courant de la nature surnaturelle du conducteur, car les Vampires n’ont, en général, pas besoin de faire attention en raison de leur sens intensifiés. Il sauta sur les toits et suivit la voiture.

Gemini se cala contre le mur et tenta de reprendre le dessus sur son mal qui non seulement l’avait brûlé, mais brûlait ses réserves intérieures de sang. Une femme qui allait à sa voiture l’aperçut assis par terre en train de trembler. Aussitôt elle courut vers lui puis se pencha. Elle put voir distinctement que les veines de Gemini étaient saillantes et qu’il transpirait du sang légèrement bouillonnant :
« Oh mon dieu ! Que vous est-il arrivé ? Ne bougez pas, vous avez été empoisonné. Je vais chercher du secours, restez tranquille. Accrochez-vous.
- Non…c’est bon. Vous ferez l’affaire.
Avant qu’elle n’ait eu le temps de réagir, Gemini saisit la femme et la mordit violemment à l’omoplate. Sous le choc et sous l’effet de la morsure, elle resta tétanisée entre peur et plaisir. Même blessé, Gemini possédait encore au moins la force de dix hommes ce qui le rassura. Il déposa le corps encore vivant de la femme sachant qu’elle ne dirait rien de ce qui s’était passé ici ne serait-ce que par crainte d’être retrouvée et totalement vidée cette fois ci. Ainsi, Gemini récupéra assez rapidement toutes ses forces. Il allait retrouver cet homme coûte que coûte. Il s’élança sur les toits se concentrant sur César pour le retrouver. Ce dernier ne cherchait pas à cacher sa présence, Gemini sut donc rapidement où il se trouvait et se mit en route. Il se disait qu’à l’instar de Clyde, lui non plus n’avait pas eu de chance en ce début de nuit. Il y avait de quoi devenir paranoïaque et il réalisait maintenant ce que pouvait ressentir un humain qui venait de se faire mordre et survivait à cette expérience. Cette peur de tomber sur son assaillant à chaque ombre, de ne pas savoir d’où il viendrait et si il viendrait. Peut-être aurait-il du tuer cette femme sur le parking et lui épargner tous ces doutes et toute cette crainte.

Il retrouva César quasiment à l’autre bout de la ville. Celui ci était posté sur le clocher d’une église et scrutait les environs. Malgré son masque glacial, son visage était tendu et ses sourcils froncés trahissaient sa concentration. Lorsque Gemini apparut à côté de lui, il eut un petit sursaut mais fut vite rassuré en le reconnaissant :
« Bon sang, je ne m’habituerais jamais à tes apparitions furtives. Tu vas mieux on dirait. Il leva un peu la tête en humant l’air. Et tu as même refait le plein. Laisse-moi deviner : une femme brune, la trentaine, parfum à la vanille. Excellent choix.
- Je n’ai pas vraiment choisi mais tu as juste sur toute la ligne. Et oui, je vais mieux merci. Je ne sais pas ce qui s’est passé exactement et je compte tirer ça au clair cette nuit. Tu n’as pas eu de problèmes ?
- Non, il semble parfaitement humain pourtant il a quelque chose de bizarre. Il est…attirant.
- Tu as remarqué toi aussi. Il est où en ce moment ?
- Après sa course effrénée dans la ville, il s’est arrêté ici et est rentré avec son paquet dans ce vidéo club. J’ai l’impression qu’il a une chambre à l’étage. Mais il a déballé son paquet sur le comptoir, il ne contenait que des courses ordinaires. Le gérant doit être son colocataire. La voiture est en bas regarde ».
La voiture grise était effectivement garée devant le distributeur. C’était une voiture classique ne se distinguant en rien de la masse de voiture que l’on rencontre ce qui est ou parfaitement normal ou très pratique. Gemini se pencha pour observer plus attentivement ce qui se passait à l’intérieur. Le gérant était au téléphone :
« Je vous confirme que ça a marché comme sur des roulettes. Mais la méthode reste trop directe, il faudrait trouver une alternative ».
Gemini et César avait tout deux capté cette bribe de conversation et en cherchèrent le sens. Ce fut César qui rompit le silence :
« Tu as entendu ? Tu crois qu’il parle de ce qui s’est passé avec toi ?
- Je n’en sais rien. C’est peut-être un repaire de Fervents. J’ai encore besoin d’un service. Va au ‘Velours noir’ et indique à Evan l’emplacement du vidéo club. Moi je vais creuser un peu tout ça.
- Tu ne veux pas un coup de main ?
Le regard interrogateur que lui lança Gemini fit presque regretter sa question à César.
- Je peux me débrouiller, ne t’inquiète pas. Merci encore pour ton aide, je te revaudrais ça et on ira boire un verre au ‘Velours’.
- C’est bon, tu m’as assez souvent sorti du pétrin.
César disparut littéralement. Il savait au fond de lui que Gemini n’avait en aucun cas envie que d’autres Vampires tombent entre les mains des Fervents. Il ne lui en voulait donc pas de se montrer si froid à un moment pareil.
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MessageSujet: Re: Copinage Part III: Unis ou ennemis   Copinage Part III: Unis ou ennemis EmptyLun 28 Aoû 2006 - 17:56

Rendez -vous

Gemini s’assit tranquillement sur le rebord et attendit de voir ce qui ce qui allait se passer. Il n’avait pas envie d’entrer dans le magasin car cela équivalait certainement à se suicider si c’était un repaire de Fervents. Alors il allait attendre. D’ici il pouvait voir que le vidéo club restait ouvert toute la nuit, il sortirait donc bien à un moment ou à un autre. Sinon il créerait une diversion. Au bout d’une demi-heure, l’homme qu’il avait mordu s’approcha de la vitrine et scruta la nuit. Aucune chance qu’il ne voit Gemini avec ses sens humains. Et s’il utilisait un pouvoir, Gemini le sentirait certainement. Il paraissait se sentir en sécurité derrière son double vitrage. Gemini se mit debout d’un bond et fixa l’homme dans les yeux. Il en avait marre d’attendre et allait passer à l’action. Il se concentra sur l’esprit de celui-ci tentant de prendre le contrôle de la partie superficielle, celle à laquelle il pourrait faire quelques suggestions. Le contacte était établi, l’homme semblait resté dans son état normal. Gemini prononça des mots à voix haute du haut de son perchoir :
« Je vais aller faire un tour pour vérifier.
- Je vais aller faire un tour pour vérifier, répéta l’homme.
- T’es sûr, t’as pas eu ton compte pour aujourd’hui ou quoi ?
- T’inquiète, je vais pas loin, répondirent Gemini et l’homme en décalé.
- Comme tu veux, mais tu connais les consignes, répondit finalement le gérant.
L’homme sortit comme si l’idée venait de lui, monta dans sa voiture et se mit en route. Pour lui, il allait effectivement faire en tour mais il ne se rendait pas compte que sa destination était programmée par Gemini qui l’influençait mentalement. Ce dernier suivait la voiture depuis les toits et continuait de parler à voix haute : à droite, à gauche, encore à gauche, on y est, arrête toi dans l’ombre derrière les cabines. L’homme s’exécuta, sortit de sa voiture et s’adossa contre sa portière. Il s’alluma une cigarette et patienta ainsi comme s’il attendait quelqu’un. Gemini avait toujours envie de lui. Sa faim le tiraillait comme s’il ne s’était pas nourrit depuis plusieurs jours. Et soudain, il comprit. C’était comme pour les Loup-garous et le blouson. Les Fervents avaient trouvé un moyen d’exciter la faim des Vampires pour pouvoir les démasquer et carrément les tuer par leur sang. Ils étaient donc prêts à tout, même à risquer leur vie pour attraper et tuer nos races. Les Vampires qui, se croyant à l’abri, allaient chasser mais avaient de fortes probabilités de tomber sur un Fervent ‘piégé’ en pensant simplement avoir trouvé leur proie favorite. Il fallait savoir comment ils s’y prenaient.

Gemini apparut devant l’homme qui ne l’aperçut pas tout de suite. Lorsqu’il le vit, il tenta en vain de cacher sa surprise et eut un mouvement de recul tout en mettant sa main dans sa poche de veste qui cachait sûrement une arme à feu. Il gardait malgré tout son calme et un excellent contrôle de ses nerfs :
« Vous…comment ? J’aurais du me douter que je n’étais pas ici par hasard. Vous le regretterez créatures des enfers.
Gemini fut flatté par ces mots mais n’eut pas le temps de répondre car l’homme sortit ce qu’il avait en poche. Il s’agissait d’une grosse boule transparente qui immédiatement se mit à luire violement. La lumière devint non seulement aussi vive qu’un soleil mais aussi brûlante. Gemini fit un rapide mouvement de bras en direction de l’homme et son orbe avant d’être totalement aveuglé et prit par la douleur. Une bourrasque d’un vent offensif suivit son mouvement et fonça sur le malheureux qui menaçait le Vampire. Alors que Gemini tombait au sol, en un éclair le vent réduisit l’homme en lambeaux. Son sang semblait exploser de ses coupures et il tomba mort instantanément sous le coup de la douleur trop importante. L’orbe qui avait aussi été touché cessa de luire et se fractura définitivement sur le bitume. De la fumée s’échappait encore de Gemini lorsqu’il se releva :
« Fumier. C’était pas l’interrogatoire que j’espérais ».
Il était content de s’être volontairement plusieurs fois légèrement exposé au Soleil pour y être plus résistant. Sans cet entraînement, il aurait flambé clair et net face à cet orbe. Il s’approcha des restes en lambeaux du cadavre et entreprit la délicate tâche de récupérer son porte feuille. Le sang se répandait partout en une large flaque d’un rouge sombre. Au contact du sang, rien ne se produisit. Il en mit un peu sur le bout de sa langue…plus rien. Les effets s’appliquaient donc uniquement quand le Fervent était vivant. C’était déjà ça. Gemini mit le porte feuille dans sa poche et partit immédiatement. Cet homme n’avait pas d’émetteur mais la lumière avait du être visible assez loin. Il était temps de retourner au bar faire le point et récupérer quelques forces, les dommages qu’il avait encaissé avaient été important.
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